Une réhabilitation sincère (2) (appartement, 2017)

Réhabilitation et reconstruction complète d’un trois pièces de 70m2 dans le 13e arrondissement parisien, 2017, pour une maîtrise d’ouvrage privée. Budget: 35.000 euros. Mission complète et construction partielle des travaux en tant qu’artisan. Avec Giaime Meloni photographe.

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Le projet repense l’entièreté de la disposition intérieure pour optimiser le potentiel du logement. L’existant, dans un immeuble du XXe siècle, est en très mauvais état : les pièces sentent très mauvais, le papier-peint défraichi est sale, les plafonds gras et jaunis. Seul le mur porteur central de l’appartement est conservé, l’ensemble des autres cloisons sont abattues. Du mobilier est dessiné sur mesure à partir des planches récupérées dans la déconstruction. Et pour refermer les différentes pièces, un déroulé de portes sur mesure en bois clair toute hauteur (2,70m) est proposé : fermées, ces portes forment un pan de bois continu au cœur de l’appartement ; ouvertes, elles disparaissent complètement pour laisser les plafonds filer… Dans cette optique, un faux-plafond est installé : il permet d’obtenir l’effet visuel de continuité voulu, et de desservir toute l’électricité de l’appartement en connectant de nouveau « totem », en métal plié. Ces derniers sont, cette fois, courbes: peints de la même couleur que les murs (RAL 9010), ils s’effacent du côté courbe pour donner l’impression d’un mur bosselé, et s’affichent du côté des prises et interrupteur noirs, en venant perpendiculairement se rattacher à la paroi. Huit petites vis dorées par totem installent ceux-ci aux murs telles de petites boutonnières délicates…

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L’imaginaire du biorégionalisme (2019)

« Marges écocentrées. L’imaginaire du biorégionalisme américain 1970’s-1990’s » est une exposition réalisée à l’occasion de l’événement « LE LOW TECH DANS TOUS SES ETATS », colloque et expositions, ENSA Clermont-Ferrand, décembre 2019.

 

Note d’intention problématisée

Né au tournant des années 1960-1970 sous l’impulsion de la Planet Drum Foundation de Peter Berg et Judy Goldhaft, le mouvement biorégionaliste américain a connu son âge d’or durant les décennies 1980 et 1990, période à laquelle il s’est développé jusqu’à devenir une contre-culture influente à l’échelle internationale. A de nombreux égards, il pourrait sembler que ce succès ne soit pas uniquement dû à la force de son idéologie radicale, mais aussi à la puissance de l’imaginaire et des représentations que ce réseau militant a su inventer – à l’interface entre réinterprétations des imaginaires vernaculaires indigènes, d’une critique du modèle scientifico-industriel dominant et de multiples créations spatiales utopiques avant-gardistes, théoriques pour certaines et concrètes pour d’autres.

 

Quoique l’idée de biorégion ait su conserver les valeurs Diggers de marginalité, de radicalité et de liberté qui l’ont fondée, par la suite une grande variété de branche du mouvement biorégionalistes a pu éclore au fil des années, certaines plus tournées vers des aspects poétiques et mystiques (Snyder), d’autres plus éco-féministes (Starhawk) et d’autres encore plus éco-sociales (Bookchin). Au sein de cette diversité, les pratiques biorégionales ont chacune à leur manière développé quelques aspects de l’imaginaire du low-tech parfois de façon assez théoriques (Sale) et plus souvent très appliquées (Berg1). Cela, par exemple :

  • en proposant de s’investir dans à l’échelle du vivant, de ses possibilités de perception et d’action « nues » 1 à 4 ;
  • en mettant en valeur les techniques amérindiennes ancestrales comme des pratiques durables basées sur l’énergie humaine, animale et des élémentaire 12, 13 ;
  • en proposant de décoloniser nos imaginaires constructifs de ses aspects anthropocentrés, de leur démesure scalaire, de leur hyper-technicisme, déconnecté du vivant et des milieux 10 à 12 et 14 à 23 ;
  • en proposant de premiers modèles d’agriculture urbaine simplement accessibles à toutes et tous dans les tissus urbains occidentaux modernes 24 et 25 ;
  • ou encore en retrouvant la sagesse des techniques cartographiques archaïques des Îles Marshall pour développer des cartographies à la fois low-tech, écocentrée et participative à la fois (Aberley) comme méthode d’enseignement et de capacitation populaire au service des éco-anthroposystèmes 5.

C’est donc sans surprises qu’on se rappellera aujourd’hui que le CoEvolution Quarterly (revue alternative publiée par la bible de la marginalité low-tech d’alors, le Whole Earth Catalog de Steward Brand) a pu consacrer un numéro entier à la thématique « bioregions » dès l’hiver 1981 6 à 9.

 

S’il n’est pas premièrement architectural, urbain ou paysager, le biorégionalisme dont il est question ici interroge pourtant très tôt les concepteurs. Ainsi l’architecte Pliny Fisk III fonde-t-il dès 1975, le “Center for Maximum Potential Building Systems”, une association à but non lucrative explicitement rattachée au mouvement biorégionaliste, et qui se donne pour mission de démontrer la capacité du low-tech pour inventer un « life cycle planning and design » ; ainsi Nancy et John Todd travaillent explicitement par l’idée biorégionaliste leurs ouvrages majeurs Designing for Sustainability (1981) et Ecology as the Basis of Design (1984) 21 à 25  ; ainsi le professeur d’architecture Gary Coates de l’Université du Kansas publie plusieurs articles sur le mouvement biorégionaliste dès 1981 ; ainsi Peter Berg propose-t-il un Green City Program for San Francisco (1989) qui fera date 10 ; etc.

Vincent B. Canizaro ne s’y trompera pas en consacrant tout un chapitre de son ouvrage Architectural Regionalism. Collected Writings on Place, Identity, Modernity and Tradition (2007) au courant biorégionaliste.

 

Popularisé en France par la traduction du récent ouvrage La biorégion urbaine d’Alberto Magnaghi (2014), le terme « biorégion » connait aujourd’hui un réel engouement dans les milieux de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage de l’Hexagone. L’exposition, en proposant de mettre en valeur les origines historiques de cette pensée restée marginale, souhaite faire voir le caractère tout à fait actuel et pertinent de ces imaginaires biorégionaux historiques pour notre époque et la crise de vision d’avenir qu’elle connaît – pour ne rien dire des questionnements internes à nos disciplines.

La recherche architecturale

« La recherche architecturale. Repères, outils, analyses » est un ouvrage à visée pédagogique situé entre épistémologie théorique, ouvrage historique et manuel pratique à destination de la recherche en architecture. Il est adressé aux étudiants en Master d’architecture autant qu’aux doctorants, enseignants, chercheurs et agences d’architectures intéressées par le sujet. Il est paru aux éditions de l’Espérou en septembre 2019 avec des illustrations de Chloé Gautrais, prenant ainsi la suite du précédemment paru « La conception architecturale« .

4e de couverture

Qu’est-ce que la recherche en architecture? A cette épineuse question historique, le présent ouvrage répond en présentant quelques repères historiques, un outil méthodologique complet et des analyses critiques fouillées. Adressé aux étudiant-e-s de Master autant qu’aux doctorant-e-s ou aux agences qui souhaiteraient se tourner vers la recherche, il tente une synthèse accessible et rigoureuse à la fois, pleinement engagée en faveur du développement de ce champ en plein bouleversement.

Le livre présente aussi la toute première traduction française du célèbre article « Trois mythes et un modèle » (Three myths and one model) de l’architecte anglais Jeremy Till, augmenté d’une introduction inédite de l’auteur.

 

Qu’est-ce que la recherche architecturale ? (2019)

En quoi l’architecture, discipline intuitive, instable, indéfinie, sensitive et subjective s’il en est, pourrait se prévaloir d’une forme de recherche scientifique objective, capable d’expliciter ses méthodes, ses visées et les connaissances qu’elle pourrait produire ? Reconnaître la part rationnelle de l’architecture suffit-il a faire état de sa scientificité (réfutabilité, originalité, reproductibilité) ? Et qu’aurait de spécifique une recherche en architecture à l’heure de l’anthropocène ? 

Pour tenter de répondre à ces questions, « L’Atelier recherche » de l’Eav&t a conduit durant ces trois années plusieurs dizaines d’entretiens avec des checheur.e.s reconnu.e.s des milieux architecturaux français et internationaux. Ces rencontres, réalisées par les étudiant.e.s, ont été considérées comme des occasions d’apprentissage autant que comme des outils de production du savoir disciplinaire – validant l’hypothèse paradoxale qu’un corps étudiant est capable, dans un cadre pédagogique en synergie avec une équipe de recherche, de contribuer à la production de connaissance scientifique.

L’exposition a présenté, durant le mois d’avril 2019, les résultats de ces enquêtes collectives menées par « l’Atelier recherche » de l’Eav&t entre 2016 et 2019, sous la direction de Mathias Rollot, Margaux Darrieus, Frédérique Mocquet et Léa Mosconi. Vingt-et-une de ces rencontres sont synthétisées et exposées en vue de faire apparaître les angles saillants du débat contemporain sur la question. Autour de cette restitution centrale sont exposées quelques productions inédites – frise chronologique, glossaire des acronymes, jeu de carte, etc. – , qui elles aussi donnent à lire, de façon didactique et ludique, ce que comprendre par « recherche architecturale ». Enfin, l’exposition est l’occasion d’un retour historique sur les productions de l’équipe OCS, des publications Marnes à tout un ensemble d’autres publications et bulletins d’informations. Autant d’occasions de se faire son propre avis sur la question, qu’on soit chercheur.e confirmé.e ou étudiant.e…

 

Commissariat

Mathias Rollot, Margaux Darrieus, Frédérique Mocquet, enseignant.e.s Eav&t

Yen Bui, Nanthilde Charbonnier, Guillaume Grégoire, Charles Kitenge, Kenza  Maachi, Stéphany Pélas, Lola Rigal, Sofia Rougui, Ismail Sakout, étudiant.e.s Eav&t

Claude Moussoki, responsable de la communication de l’Eav&t

 

Voir aussi l’article de la revue AMC à ce sujet

 

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Les territoires du vivant (2018)

« Les territoires du vivant. Un manifeste biorégionaliste » est un ouvrage de recherche en humanités environnementales au croisement entre architecture, philosophie et histoire environnementales), paru le 11 octobre 2018 à Paris aux éditions François Bourin. Voir sur le site de l’éditeur ici, ou, en lien avec l’ouvrage, cet article de Métropolitiques.

Illustrations d’Emmanuel Constant.

4e de couverture

Comment continuer d’habiter ce monde étrange, accéléré, qui préfère le jetable au durable, le virtuel au réel, la nouveauté à la pérennité ? L’architecture peut-elle encore faire sens, à l’heure où se multiplient les villes aseptisées, et où nous vivons toujours plus déconnectés des milieux qui nous accueillent ? Dans ce contexte, envisager une « réhabitation biorégionale » de la Terre se veut un geste critique et salvateur à la fois. Il y a urgence à penser une architecture et des sociétés capables de travailler avec les spécificités des environnements qui sont les leurs : en suivant par exemple la chaleur où elle se trouve et en utilisant les pièces différemment selon la saison, en envisageant une place particulière pour la technologie et les écrans afin de garder des espaces ouverts sur le milieu ambiant, en trouvant des alliances nouvelles entre végétal, ensoleillement et ventilation, en ouvrant la possibilité de partager certains lieux avec des insectes, dans le cadre de composts ou potagers domestiques… L’éthique biorégionaliste développée dans ce manifeste engagé déplace nos manières de voir le monde et ouvre des pistes radicales, pour remettre l’architecture au service du vivant et de ses territoires, et d’une société plus juste et équitable.

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ISBN : 979-10-252-0420-7, 256p.

Reconnaissances

– Ouvrage sélectionné dans Les meilleurs livres de 2018 de la revue en ligne Le Comptoir, qui note son « l’immense mérite » de l’ouvrage « d’offrir pour la première fois au public francophone une présentation du mouvement bio-régionaliste ».

– Ouvrage décrété « remarquable » et « absolument formidable » par Le Genre Urbain qui y a consacré sa Minute urbaine en janvier 2019.

Une réhabilitation sincère (3) (appartement, 2018)

Réhabilitation et reconstruction complète d’un trois pièces de 80m2 dans le 11e arrondissement parisien, 2018, pour une maîtrise d’ouvrage privée. Budget: 75.000 euros. Mission complète en tant qu’architecte indépendant. Avec atelieroptimiste menuiserie, SGB entreprise générale Anne Derian artiste céramiste et Giaime Meloni photographe.

 

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Poursuite des recherches précédemment engagées avec les projets de réhabilitations d’appartement précédemment réalisées à Paris 18e (2014) et Paris 13e (2017) et leurs expérimentations sur la mise en visibilité des réseaux électriques au sein d’élements esthétiques-symboliques capables d’offrir compréhension et identité à la réhabilitation. Une grande part de la mission porte sur le dessin de mobilier bois sur mesure (en dialogue avec Atelier Optimiste Menuiserie). Un «totem» est installé dans la salle de bain et l’électricité intégrée au mobilier autant que possible. Livré juin 2018.

 

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L’hypothèse collaborative (co-dir., 2018)

« L’hypothèse collaborative, conversations avec les collectifs d’architectes français »  est un ouvrage de recherche collectif sous la co-direction de l’agence d’architecture, d’urbanisme et de paysage Georges et de Mathias Rollot, en collaboration avec l’ex-plateforme Lamaa (L’atelier pour le maintien d’une architecture artisanale). L’ouvrage est paru aux éditions Hyperville en mai 2018. Il a fait l’objet d’un événement dans le Pavillon Français de la Biennale d’Architecture de Venise (commissariat : Encore Heureux) le 23 juin 2018 ; et d’un autre au Pavillon de l’Arsenal le 27 octobre 2018.

Sommaire

Introduction : Georges, Mathias Rollot

Points de vue : Julien Boidot, Enrico Chapel, Elise Macaire

Partie I – Faire sur le terrain pour savoir comment faire : Edith Hallauer, Encore Heureux, Aurore Boutry-Jacob, Bellastock, David Blondeau, Quatorze, Delphine Négrier, MIT, Collectif Etc, Alice Frémeaux, Parenthèse, Fil, Frédéric Bonnet.

Partie II – Faire sur le moment pour faire avec : Cécile Diguet, Bruit du Frigo, Pascal Allançon, Saprophytes, Alexandre Labasse, Cochenko, Carton Plein, Edouard Letailleur, YA+K, Marion Waller, Yes We Camp, Approches, Paul Citron.

Partie III – Faire sans, faire autrement : Mathias Rollot, Echelle Inconnue, Flavien Menu, ANPU, AAA, Paul Jarquin, Bergers Urbains, 2M26, Olivier Caro, Philippe Rizzotti

Ouverture : Julia Tournaire.

Postface de l’éditeur : Hyperville.

ISBN : 978-2-9552985-7-2

Récensions de l’ouvrage

– Alice Dubet, AMC, 20 juin 2018.

– Le Moniteur, service architecture et urbanisme, 3 septembre 2018.

– Revue en ligne Midi:onze, 7 septembre 2018.

– Ordre national des architectes, 19 février 2019

Repenser l’habitat (co-dir., 2018)

« Repenser l’habitat : alternatives et propositions» est un ouvrage de recherche collectif sous la direction de Mathias Rollot et Florian Guérant, préfacé par Dominique Gauzin-Muller, paru fin mars 2018 aux éditions Libre et Solidaire à Paris avec les contributions de :

Céline Andréault, Benjamin Aubry, Soraya Baït, Antoine Begel, Boris Bouchet, Marie-Charlotte Dalin, Julia Tournaire, Paul Devaux, Matthieu Delatte, Cécile Vandernoot, Mélanie Heresbach, Sébastien Renauld, Pablo Feix, Federico Ferrari, Mélanie Fistarol, Georges, Gaspard Graulich, Cécile Leroux, Olivier Mongin, Léa Mosconi, Claire Pottiez, Jean Réhault, Charline Sowa, Simon Teyssou, Dimitri Toubanos, Marc Verdier, Rémy Vigneron ; ainsi que deux traductions inédites de textes de Giovanni Corbellini (original italien, traduction Mathias Rollot) et Kyle Chayka (original américain, traduction Jennifer Brouck et Mathias Rollot), et enfin la republication d’un texte de Bernard Charbonneau intitulé « La fin du paysage » (du livre épuisé du même nom).

4e de couverture

Habiter a toujours été une préoccupation majeure. Ce recueil collectif cherche à faire apparaître quelques-unes des manières qu’ont architectes, urbanistes, paysagistes, artistes, designers, chercheurs, philosophes ou historiens d’être force de proposition en la matière.

Nombreuses sont les interrogations, tant les situations sont multiples et particulières selon leur implantation… De ces systèmes et de leurs logiques de rendement économique à courte vue résultent des villes sans âme, se dégradant rapidement, véritables désastres écologique et financier, niant l’esthétique et le « vivre ensemble ». Quelles expérimentations, quelles réflexions permettent aujourd’hui d’imaginer des issues aux problématiques écologiques, politiques, sociales, voire philosophiques, engendrées par l’omniprésence d’un habitat uniforme qui se répercute tant dans les banlieues que dans les villes nouvelles ? Refuser les modèles existants ne peut aller sans proposer des solutions concrètes vers des ailleurs plus soutenables écologiquement, mais aussi humainement parlant. Cela ne peut se faire qu’en retrouvant une alliance créatrice entre experts et habitants, une harmonie entre l’autonomie des habitants et la valorisation des compétences architecturales.

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ISBN : 9782372630412 ; 302p.